
Une traduction en cours d’un billet de Martin Ringlein
publiée avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Seul le lien original fait référence.
Microformats : vous en avez entendu parler, vous les avez vus
et vous pouvez même être en train de les utiliser
– que sont-ils, que vont-ils devenir, où vont-ils et
pourquoi je m’en soucie ? J’ai récemment eu le
privilège d’interviewer quelqu’un d’extrêmement
connaisseur sur le sujet pour répondre simplement à
ces questions, Brian Suda de suda.co.uk.
Les microformats semblent rentrer dans
la conversation et apparaître de plus en plus sur le web
tendance. Mais sommes-nous vraiment prêts ? Est-ce que les
microformats ne sont pas trop prématurés pour
être présentés ; peut-être même
trop prématurés pour la pression que nous
pressentons venant des “innovateurs” essayant de
tirer cette nouvelle “technologie”.
Brian est le co-auteur du format hCard,
créateur de l’anti-sèche
Microformats bien connue et maintenant auteur de son tout
récent ouvrage Raccourcis O’Reilly’,
“Utiliser les
Microformats”. J’ai encore beaucoup de questions, des
doutes et problèmes à propos des microformats
depuis mon précédent billet sur le sujet –
telle est la raison pour laquelle je suis allé poser mes
questions droit à la source.
Martin : Brian, merci de prendre le temps de
répondre à quelques-unes de mes questions. J’irai
droit au but – qu’est-ce que c’est que ce truc et ces
choses dingues appelés Microformats ?
Brian : Si vous lisez la
définition extraite du site web http://www.elanceur.org/microformats/
elle dit :
Conçus initialement pour
des humains et ensuite pour les machines, les microformats sont
un ensemble de formats de données, simples et ouverts
construits sur des standards existants et largement
adoptés. Au lieu de jeter ce qui fonctionne aujourd’hui,
les microformats ont pour intention de résoudre en
priorité les problèmes les plus simples en
s’adaptant aux comportements actuels et aux modèles
d’usages.
Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire pour le
développeur web moyen et le designer ? Bon les
microformats sont un moyen d’encoder du sens sémantique
directement dans le HTML. L’idée n’est pas neuve,
ça fait des années que les gourous CSS ont
ressassé aux types de choisir de bons noms de classes. Le
style que vous appelez “blue-box-300” qui produit une
boîte bleue de 300 pixels fait aujourd’hui sens, mais vient
après le prochain redesign, qui est le code
hérité que vous portez et qui ne fait pas de sens
quand il décrit une boîte rouge à 80% de
largeur. Un meilleur nom serait quelque chose comme
“alert-box” ou “error-callout”. Nous
sommes tous fautifs de faire des choses comme ça, mais si
nous utilisons des noms plus sémantiques alors beaucoup de
choses commenceront à arriver. Tout d’abord nous
séparons le design et le layout du contenu, ce qui est la
raison pour laquelle CSS a été conçue, mais
chose plus importante, si nous standardisons ces valeurs
sémantiques, alors nous pourrons commencer à
“interagir” avec différentes pages web et nous
serons sûrs de vouloir dire la même chose.
Une partie de l’envie de disposer de données
conçues pour être “lisible par des
humains” est une raison historique. Tout d’abord, la
plupart des moteurs de recherche ignorent les
métadonnées déposées à
l’intérieur de l’élément <head>. Cette
donnée a été “jouée” par
les spammeurs et était généralement
complètement incorrecte. Le vieux diction s’applique
“loin des yeux, loin du coeur”. Les
métadonnées cachées sont probablement bien
plus “défraîchies” et incorrectes que
toutes celles que vous regardez au quotidien. La seconde raison
pour produire des données visibles est que nous avons
beaucoup de fichiers maintenus sur le serveur mais ne les voyons
PAS à travers une fenêtre de navigateur. Des
fichiers comme nos vcards ou fichiers icalendars, ceux qui
requièrent des logiciels spécialisés et ceux
qui ne sont pas vus dans le navigateur. Des données qui
par conséquent seront probablement incorrectes parce que
nous ne les voyons pas en face au quotidien.
La raison pour laquelle les machines cèdent la place
aux humains est que nous nous concentrons sur les
éditeurs. Un paquet de gens construiront des applications
futées pour parser et utiliser les microformats, mais le
plus grand pourcentage de personnes voudront les publier –
ainsi l’idée est de faire que ce soit le PLUS FACILE
POSSIBLE pour les éditeurs, parce que ce sont eux les gens
qui en fin de compte liront et écriront des données
microformatées au jour le jour.
Martin : Une question simple, mais importante
: à qui sont destinés les Microformats ?
Brian : Les microformats sont pour tout le
monde. J’ai fait des démonstrations de microformats
à plusieurs conférences et il y a une grande
diversité de personnes. Quelques personnes sont
techniquement extrêmement pointues – des “rocket
scientists”, au figuré et littéralement, qui
travaillent au quotidien sur des systèmes
sémantiques complexes – jusqu’à des personnes
qui conçoivent à la main de magnifiques sites web
et ont étudié la littérature classique. Puis
entre ces mondes, il y a le reste d’entre-nous. Les Microformats
s’appliquent à tous ces types.
Martin : Le concept demeure intrigant et
j’aime toutes ces choses “nouvelles” sur le web.
Néanmoins quels sont aujourd’hui les avantages des
Microformats ? Est-ce plus de travail que cela n’en vaille la
peine ?
Brian : Certainement que non, l’un
des microformats les plus simples est le rel-tag. L’une des
raisons, ou pour ainsi dire celle que j’aime à penser, que
le fait de taguer est la réaction immédiate que
vous obtenez. J’écris un billet de blog, je le tague.
Soumis à un site comme technorati et en quelques minutes
je peux ensuite voir mon billet listé sous cette
catégorie de tag. Cet aller-retour et ce feeback direct
est ce qui le rend valable. Nous commençons à voir
ça de plus en plus avec des microformats plus complexes.
Les programmes de conférences sont marqués avec
hCalendar de manière à ce que les participants
puissent synchroniser les données directement dans leurs
applications de calendrier. Parce que les
événements sont mis à jour sur le site web,
les données dans l’application de calendrier sont toutes
aussi bien mises à jour.
Martin : Ainsi Brian, j’ai l’essentiel des
Microformats, néanmoins, où est la concentration
des Microformats à cette heure ? Est-ce sur la
construction de cette nouvelle technologie ou est-ce
véritablement le fait de les utiliser sur les sites ? Si
je ne suis pas du type pionnier – devrais-je attendre
jusquà ce que les innovateurs comme vous-même aient
terminé de poser les fondations ?
Brian : Je ne suis pas sûr que les
choses seront même un jour “finies”. La plupart
des fondations ont été couchées et de plus
en plus de gros sites d’entreprises sont en train
d’implémenter les microformats. Si elles prennent le temps
d’évaluer les pours et les contres, et qu’elles
décident d’implémenter les microformats, alors que
je pense qu’elles passent à l’étape des
‘early adopter’.
Une société m’a dit que cela prenait plus de
temps à débattre de savoir si oui ou non ils
fallaient les implémenter que de simplement en
produire.
La direction des microformats est en perpétuel
mouvement. Le site microformats a désormais un an et demi.
Pendant ce temps, nous avons créé plusieurs
nouveau formats, martelé un vraiment bon processus et
avons évangélisé pour avoir de plus en plus
de sites, qu’ils soient petits ou grands, qui les
implémentent. Si j’avais une boule de cristal je dirai que
dans les 12 prochains mois, nous nous concentrerons de plus en
plus pour passer le mot, pour produire de la documentation et des
applications que sur de nouveaux formats. Mon livre PDF
a justé été le début, et je sais
qu’il existe un autre livre attendu pour début 2007 et
probablement plus en cours de rédaction. Les
conférences ont su intéresser et ont demandé
de plus en plus de présentations sur les microformats
– aussi l’évangélisation sera massive en
2007. Puis comme toujours, parce que les formats seront parvenus
à mâturité et seront de plus en plus
utilisés, la documentation, les exemples et usages
continueront à croître.
Martin : Bon, vous me les avez vendus et je
suis prêt à démarrer l’implémentation.
Néanmoins même parmi les standards il existe des
exceptions qui rendent la compréhension initiale
compliquée. Je vois quelqu’un implémenter
différentes classes de Microformats sur différents
tags HTML ; y’a t’il une meilleur façon de faire qu’une
autre ? Comment sais-on comment ou où faire ça
?
Brian : Cette flexibilité fait partie
de la beauté des microformats. Il y a deux choses à
se rappeler au moment d’ajouter des microformats dans votre HTML.
D’abord utiliser l’élément HTML le plus
sémantique pour l’objectif et deuxièmement, nous ne
voulons pas contraindre la manière dont les
éditeurs doivent encoder leur information. Dans beaucoup
d’exemples sur le site des microformats, dans les livres et sur
les blogs, l’utilisation des éléments <span>
et <div> est produite du fait que ceux-ci sont
sémantiquement agnostiques. Dans quelques instances, vous
pourriez avoir un titre d’événement dans un
<h1>, les microformats ne vous forcent pas à changer
ça dans n’importe quel autre élément.
Je vois comment ce peut être déroutant pour
quelqu’un de nouveau, il ne voit que les <div> et
<span>, mais il est bien sûr possible d’utiliser les
microformats sur n’importe quel élément. Cette
flexibilité mène ensuite à plus de
confusion, mais en fait vous aurez ce moment ‘ah ha’
et comprendrez que la donnée est ce qui importe le plus,
pas le balisage.
Martin : Même mieux que de savoir
comment démarrer est de savoir où démarrer ;
où puis je véritablement commencer avec les
Microformats ? Est-ce sur ma page à propos, mon C.V. ou ma
page contact – est-ce tout ? Cela semble un peu
bouleversant. Et si cette information hCard n’est pas
l’information que je souhaite partager, comme mon adresse email
par exemple. Puis-je être privé et encore utiliser
les Microformats ?
Brian : Avec hCard et les autres
microformats, très peu de choses sont obligatoires. Aussi,
le fait de vous préoccuper de votre intimité est
parfaitement acceptable pour ne pas publier des choses comme des
numéros de téléphone, des adresses et un
email, et ce sera encore un microformat valide.
Pour répondre à la question où
démarrer et que faut-il encoder, une page “A propos” ou
une page de contact est un démarrage logique. C’est vous
qui vous connaissez le mieux, aussi quand vous voyez des
données, même des données simples comme votre
nom, ce peut être encodé avec des microformats. Un
de mes amis a été très heureux quand il a
cité la Renaissance Italienne dans une présentation
et a pu la baliser avec hCalendar. Une fois que vous commencez
à jouer à ajouter de la sémantique, vous
commencez à la voir partout.
Martin : J’ai entendu beaucoup de gens
débattre de l’usage du XHTML et des classes pour charrier
du sens – quelles sont vos idées à ce propos
?
Brian : L’attribut de classe HTML a
été pensé pour être seulement
destiné pour les CSS. Ce n’est PAS vrai. Selon la
spécification HTML du W3C, c’est un attribut
général pour le traitement d’un agent utilisateur.
Un moyen très technique de dire : vous pouvez utiliser
l’attribut de classe pour ajouter plus de sémantique
à l’intérieur du document. Puis le navigateur peut
connecter ces éléments avec des données
associées – quelque chose qui est un style CSS, mais
dans le cas des microformats c’est de la sémantique qui
correspond aux personnes, aux lieux, aux organisations, aux
événements et aux critiques, etc.
Martin : J’espère que cet entretien
aidera ceux se retrouvant dans des situations similaires à
la mienne – excité à propos des Microformats
mais intimidé, peu sûr et légèrement
dérouté. Vous avez été pour moi une
ressource géniale avec votre anti-sèche
Microformats et votre nouveau livre, “Using
Microformats”. Pourriez-vous donner un peu plus de
précisions sur ces ressources ? Pourquoi les avoir
écrites, pour qui les avez-vous écrites et que
puis-je en tirer ?
Brian : Merci, je suis heureux qu’elles aient
pu vous être utiles. Le site web des microformats est un
grand gisement d’information, mais vous devez parfois savoiroù regarder. Mon essai avec le livre “Using
Microformats” était de produire une version
condensée du site des microformats et des
présentations que j’ai données. C’était d’y
mettre toutes les choses importantes que vous deviez
connaître à ce sujet dans un format concis avec
quelques scénarios du type “comment disposer de
microformats cools pour l’avenir si …”. Il est
idéal à donner à quelqu’un qui dit
“C’est quoi ce truc des microformats”. Il peut lire
le livre et se sentir suffisamment à l’aise pour butiner
le site des microformats et chercher des réponses plus
approfondies, trouver ce dont il a besoin et/ou poser les bonnes
questions sur la liste de discussion.
L’anti-sèche m’a vraiment suprise. Le site microformats
a une liste principale de toutes les valeurs possibles. En fait,
il a tout ce que fait l’anti-sèche et plus encore. J’ai
juste pris cette information et l’ai distillée dans un
document unique. Il y avait une citation quelque part, que j’ai
oubliée, mais elle disait basiquement “si ta
spécification fait plus d’une page, elle est trop
compliquée à implémenter” aussi j’ai
essayé de faire que tout puisse tenir en une seule page.
Ceci revient aussi à la question du “qui utilise les
microformats”, les techos-hard-core sont à l’aise
pour lire des lignes d’Expressions Régulières dans
une spécification sèche et verbeuse, mais parfois
les designers à cerveau gauche veulent une
référence rapide et sale – et je pense que
l’anti-sèche répond à cette demande.
Ironiquement, j’ai écrit les XSLTs pour convertir la hCard
en vCard et l’anti-sèche a presque deux fois plus de
bookmarks sur del.icio.us
Martin : Il semble comme si la
première adoption des Microformats ait été
rapide et réussie – tout spécialement par
des sociétés comme Yahoo! supportant l’effort ?
Quoi de plus à venir ? Quel est l’avenir prévu pour
les Microformats ?
Brian : Les Microformats sont faciles
à implémenter. Un des premiers gros sites de
société à avoir implémenté les
microformats a été Avon. Oui, cet Avon –
l’empire cosmétique des femmes. Nous avons un jour
reçu un email de leur développeur de site web. Il a
pris son gabarit pour les vendeuses d’Avon et ajouté hCard
aux détails de contacts. Puis quand il a republié
le site, plus de 40.000 nouvelles hCards étaient
disponibles. Yahoo!, Upcoming, Flickr, Eventful, Meetup et bien
plus encore ont tous été capables de tirer un
avantage stratégique des microformats en éditant
leurs gabarits de publication et dans les minutes qui suivent des
centaines de millions de cas apparaissent !
Je n’ai pas d’idée précise de ce que l’avenir
nous réserve, mais je sais vraiment que bon nombre de gens
intelligents sont dans la communauté des microformats et
rapportent beaucoup de ces idées à leurs
sociétés respectives,. Je serai vraiment
excité quand que je pourrai lire un jour une description
de poste et voir la société demander explicitement
une “expérience des Microformats”. Je sais
personnellement, j’ai été bénévole
pour toutes sortes de sociétés à les aider
à mettre des microformats dans leurs sites web. Corkd.com,
linkedin.com, ma.gnolia.com et bien plus encore se sont
montrées très ouvertes et réceptives pour
travailler avec les microformats. Je pense qu’elles y voient
plusieurs éclairages ; il y a la raison altruiste, parce
qu’elles veulent être de bonnes citoynnes du net, elles y
voient aussi une opportunité pour quelque
publicité, mais cela leur permet aussi d’exposer beaucoup
de données sans le besoin d’une API séparée,
ce qui fait le bonheur des développeurs.
Tout récemment, il y a eu un nouveau plugin pour
FireFox 2 appelé “operator” qui
détecte et extrait différents microformats
trouvés sur une page. Ceci est un plugin pour FF2 afin
qu’ils puissent travailler sur les bugs et sortir le code pour
une inclusion possible dans FireFox 3. Disposer de la
détection de microformats directement dans le navigateur
offre des tonnes de possibilités. Imaginez au fil de votre
navigation disposer d’une base de données locale de
données microformatées rassemblées et
sauvegardées. Puis vous pouvez simplement chercher vos
données locales “tout événement dans
mon code postal” et le navigateur vous affichera tous les
événéments à venir qui correspondent
au critère désiré.
De toutes les idées concernant les possibilités
futures des microformats, je ne suis pas intéressé
par les idées auxquelles je pense, mais plutôt par
toutes les idées possibles que je ne peux
réaliser – c’est ce qui m’excite. Le
“développement inconscient” du
côté des designers et des développeurs permet
toutes sortes d’applications et mashups que personne ne peut
prédire.
Martin : Brian, j’aimerais vous remercier
d’avoir pris le temps de répondre à quelques-unes
de mes questions. Ce qui rend vraiment cette industrie
passionnante est la passion qu’elle peut déclencher. Je
pense que les influenceurs de l’industrie tels que Brian nous
aident à pousser l’enveloppe sur ce qui est possible et ce
qui peut être possible..
Je suis en train de devenir de plus en plus un avocat des
Microformats. Je suggère vraiment que tout le monde visite
le site de Brian sur http://suda.co.uk.
Vous pouvez en savoir plus sur les microformats en ligne en
visitant http://www.microformats.org.
(NDT : provisoirement basé sur http://www.elanceur.org/microformats/)